Vrai Sang

Cette automne, nous avons découvert la dernière série de HBO: True blood. Une première pour moi. Et je suis fan! Le scénariste doué Alan Ball nous avait déjà régalés avec American Beauty et la série 6 Feet Under.
Cette fois-ci une histoire de vampire, adaptée de la série de romans de Charlaine Harris Southern Vampire Mystery, qui se déroule dans la petite ville fictive du Sud des Etats-Unis, Bon Temps. Grâce aux japonais qui ont inventé un sang synthétique, les vampires peuvent désormais vivre parmi les humains sans les attaquer pour boire leur sang, enfin, en théorie.
Pourquoi donc ce sang fabriqué porte -t-il le nom de “vrai sang”? Voilà justement un jeu de mot qui n’est pas anodin. In True Blood nothing is what it seems.
A sense of place:
Rappelant d’autres séries qui nous font découvrir une petite communauté, (Twin Peaks, Northern Exposure) True Blood illustre totalement le sens du mots quaint, et fonctionne formidablement bien. Ici il s’agit bien du Sud présenté sur un ton tong in cheek, avec un brin de sarcasme et d’ironie, beaucoup d’humour et de sexe! Car il y a un côté bizarre et drôle (pas seulement dans le sens funny) mais étrange. La réalité et les myths s’entremellent: car en plus des vampires, on y trouve des créatures mythologiques telle une maenad, une femme disciple de Dionysos, des humains qui changent de forme, une télépathe… Ironiquement, ce ne sont souvent pas ces créatures mi-humaines qui sont les moins humaines… Attention! Spoiler!! (sauf la maenad qui n’hésite pas à arracher et cuisiner le coeur de ses victimes).

Gothic tale:
En fait, True Blood a toutes les charactéristiques d’un conte gothique: melant le macabre au sentimental: l’horreur et la terreur naissent des péripéties des vampires “persécutés” et de leurs propentions à boire le sang des humains, (qui ne sont pas toujours contre). Même le “bon” Bill n’hésite pas à tuer par amour pour Sookie. Et n’oublions pas le suspens! A cela s’ajoutent de multiples histoires amoureuses entre Sam et Tara, Tara et Eggs, Amy et Jason et Jessica et Hoyt.
Mais l’histoire tourne surtout autour du couple Sookie la serveuse télépathe- Bill le (beau) vampire romantique et leurs ébats amoureux qui font parfois froid dans le dos. Le mélodrame de leur relation amoureuse sert de porteur au récit et les autres éléments, comme des satellites, ne font que graviter autour.
Enfin, linguistiquement, la série étant située dans le Sud , il est donc convenu que les personnages parlent avec un accent du Sud. Or ce n’est pas le cas pour les acteurs: Moyer (Bill) est anglais, Paquin (Sookie) est canadienne: mais ce sont justement les deux héros qui nous font entendre un drawl (drôle!) sudiste des plus prononcé. Il y a même eu des personnages comme René qui avait appris l’accent pour passer inaperçu;
et Maryanne et Amy sont des outsiders. Ce n’est peut-être pas un hasard si les personnages sans accent sont les plus équivoques, voire les plus maléfiques…
C’est donc un bon conte gothique qui comme la tradition le veut, ouvre les portes à la parodie et à la satire. Beaucoup d’humour dans la série tourne autour de la mort et le fait que les vampires soient des “êtres” froids et déjà morts. Quand Bill réapparaît soudainement alors que Sookie le croyait définitivement “mort:”
Sookie s’exclame: Bill! I thought you were dead!
Bill: Well, I am, technically.
Fabienne said,
February 1, 2010 @ 5:57 pm
Bon d’accord ! Tout le monde m’en parle, j’ai compris, je vais la regarder cette série !!! A vrai dire, si ça sort tout droit du cerveau de Monsieur Alan Ball, le créateur de Six Feet Under, ça ne peut pas faire de mal aux yeux… Je t’en donnerai des nouvelles, merci pour l’article alléchant
Sabine said,
February 3, 2010 @ 6:09 am
Coucou Fabs, oui on a été séduit… Enfin, pas entièrement du cerveau de Ball puisqu’il s’agit de l’adaptation des bouquins de Charlaine Harris. (que je n’ai pas lus)
bon visionnage!