J’ai reçu il y a longtemps un béret de ma grand-mère paternelle. Elle y avait mis une broche en forme de fleur, que j’ai égarée entre temps. C’est un béret commun en laine grise qui pique. Je m’était toujours dit qu’elle l’avait mis pendant les années 1950s mais je n’ai jamais su ni où ni quand elle l’avait acheté.

Au début, adolescente gênée, je ne savais que trop en faire, trouvant que son port me donnait des airs de vieillard ou de mamie démodée.
Puis durant mon séjour en Angleterre, en 1995, je me mis à le mettre fièrement, bien enfoncé sur la tête… et il devint subitement très cool… A Strasbourg dans les années 1990s puis aux Etats-Unis en 1998, il me suivait partout. A New York il prit un tout autre sens quand je me promenais à Greenwich ou Soho m’identifiant à ces bobos typés vêtus de longs manteaux noirs… Il fallait le mettre pendant mes visites dans les musées comme le Moma ou la Tate à Londres. Et puis ailleurs, il prenait encore un autre sens: celui de mon identité “française” car qu’est ce qui est plus français qu’un bêret? Je vous le demande!
En décembre 2008, lors du déménagement stressant, je le plaçai dans la poche de mon manteau et n’y pensai plus. Je pris le train avec Liv alors que Kaspar conduisait le camion. Un éclair dans le train, je fouillai mon sac et mon manteau. Mais en vain, pas de béret… En arrivant le soir, Kaspar me dit qu’il avait trouvé mon béret tombé sur la rampe du camion et l’avait confié à son frère ce jour même. Mais celui-ci ne se souvenait de rien! Voilà toute l’année suivante, mon béret resta perdu. J’y pensais souvent, j’en rêvais même. Tristement.
Jusqu’au jour où, Kaspar m’appella, insistant. Il me tendit mon BERET souriant. Il l’avait retrouvé dans la poche de son polaire qu’il n’avait pas remis depuis le déménagement et qui avait fini au fond d’une armoire. Les larmes aux yeux, je le pris, le sentis et le mis immédiatement!
Environ deux semaines, plus tard, direction IKEA. C’est l’hiver, il fait froid et humide, je mets mon béret. Dans le magasin, le tumulte, la poussière et le mauvais air firent que j’enlevai mon béret… et puis plus rien! Je me rendis compte un peu plus tard que mon couvre chef préféré avait disparu, perdu encore une fois… Je retraçai mes pas, cherchant fouillant dans tous les coins et les recoins où j’avais été même avant Ikea. Rien. On informa l’accueil et puis je rentrai bredouille. Tristement.
Le lendemain, je me décidai de revenir à Ikea pour repartir à la recherche du berêt. Toujours rien à l’accueil. Autant chercher une épingle dans une botte de foin! Mais je m’obstinai. Après une heure, prête à baisser les bras, un dernier effort me poussa à aller vers des coussins de chaises que j’avais examinés. Je levai les yeux et que vis-je? Mon BERET! Sur la pile de coussins, là, gisant tout seul, comme s’il m’avait attendue pendant 24 heures. Depuis, je ne le quitte plus!


